J’ai juste recopié cette photocopie trouvée sur la toile… (cliquez pour agrandir)
Comme quoi l’interdiction du mariage des hommes d’églises est assez récente (1917), alors qu’aucun texte de la bible n’interdit le mariage (1Tm,4 ; 1Tm3,2 ; Mt 23,4).
La raison de cette interdiction est bien évidemment financière, l’église, devant subvenir aux besoins de ses ministres, à bien compris qu’il valait mieux avoir un minimum de représentants…

Des prêtres mariés pendant plus d’un millénaire
L’Eglise indivise ordonnait dans les premiers siècles des hommes mariés à la prêtrise et même à l’épiscopat. Première inflexion à cet usage: le concile d’Elvire, vers, l’an 300, a demandé l’abstinence rituelle (la veille de l’eucharistie) au clergé marié, mais non la séparation des époux. C’est en 1139 que le concile Latran 11 a introduit une mesure disciplinaire interdisant le mariage des clercs. Dans les Eglises orientales de rite catholique, on compte, selon les estimations de La Vie, près de 5000 prêtres mariés, dont 750 sur 1000 dans l’Eglise ukrainienne, 250 sur 600 dans l’Eglise maronite, 100 sur 300 dans l’Eglise melkite et seulement 4 sur 120 dans l’Eglise arménienne.
Le Nouveau Testament
Paul a choisi de ne pas être marié pour être plus disponible au service de l’Évangile (1 Co 7, 7 et 9, 5), mais il n’en fait pas une règle générale. La seule prescription scripturaire concernant le mariage d’un ministre de l’Église se trouve dans 1 Tm 3, 3 et Tt 1, 6 : « II faut que l’épiscope soit le mari d’une seule femme. » La tradition patristique interprète ce passage comme l’interdiction de conférer l’ordination à un homme qui a été marié deux fois, et l’interdiction à un prêtre veuf de se remarier. Quelques-uns pensaient également qu’il était fait obligation à l’épiscope de se marier.
Les trois premiers siècles
Aucune loi, ni en Occident ni en Orient, n’interdit l’ordination d’hommes mariés, ni ne demande aux prêtres mariés de s’abstenir de relations conjugales. De même, il ne semble pas qu’il y ait d’objection à ce qu’un prêtre, célibataire au moment de son ordination, se marie ensuite.
Cependant, la valorisation de l’ascétisme et de la virginité fait penser qu’il est plus parfait pour un prêtre de rester célibataire ou de s’abstenir des relations conjugales s’il est marié.
Le IV siècle
En Orient comme en Occident, le mariage est interdit après une ordination. Celui qui est marié le reste près l’ordination. Le célibataire le reste également. Chacun doit être fidèle au premier lien contracté, mariage ou ordination.
Au début du siècle, la majorité des clercs usent de leurs droits conjugaux. A la fin du siècle, les clercs qui s’abstiennent des relations conjugales sont les plus nombreux. On rencontra une double explication : une plus grande disponibilité à Dieu et l’incompatibilité de l’exercice de la sexualité qui est du domaine de l’impur, avec la célébration quotidienne de l’Eucharistie.
En Occident (Espagne et Rome), des conciles demandent aux évêques, prêtres et diacres l’abstinence conjugale.
Au Ve siècle
En Orient, évêques, prêtres et diacres peuvent toujours user du mariage. En Occident, l’évêque de Rome a demandé à toutes les Églises d’imposer l’abstinence conjugale aux évêques, prêtres et diacres, mais ils peuvent continuer à cohabiter avec leur épouse.
Au VIe siècle
En Orient, l’Église fixe définitivement sa discipline concernant les clercs et le mariage (692). C’est encore celle d’aujourd’hui :
L’homme marié, choisi comme évêque, doit se séparer de sa femme. Celle-ci doit quitter le domicile conjugal et aller vivre dans un monastère éloigné. L’évêque doit subvenir au besoin de son épouse. Mais de plus en plus, on choisit les évêques parmi les moines.
Mariés au moment, de son ordination, le prêtre et le diacre ne changent rien à leur vie conjugale. La pratique contraire est même condamnée. En Occident, l’abstinence conjugale des clercs est renforcée : un concile veut introduire un surveillant dans la chambre des clercs. Des sanctions sont prises contre ceux qui ont eu un enfant après l’ordination.
De Charlemagne au XIème siècle
On continue d’ordonner des hommes mariés qui gardent l’abstinence conjugale dans une cohabitation possible. Toutefois, de jeunes clercs célibataires formés dans des écoles sont ordonnés sans avoir été mariés. Malgré l’interdiction, il en est qui se marient après l’ordination. : C’est la situation que trouve Grégoire VII en 1073.
La réforme grégorienne
Grégoire VII en 1074 ne distingue plus entre prêtres mariés ayant l’ordination et prêtres mariés après. Toute cohabitation est proscrite sous peine d’être interdit de ministère. Des résistances se font jour contre la décision pontificale : « Cette loi est insupportable et déraisonnable » ; « Sans le concours de mains féminines, nous péririons de froid et de nudité… ». Certains considèrent cette loi comme une nouveauté par rapport à la tradition. Cependant bien qu’illicite, le mariage des prêtres est considéré comme valide.
Le deuxième concile du Latran (1139) décide que le mariage des prêtres est invalide. En 1170, le pape Alexandre III demande que la femme de l’homme marié ordonné prêtre ait donné au préalable son consentement et fasse elle-même vœu de chasteté.
En droit, il est donc toujours possible d’ordonner un homme marié qui se sépare de sa femme. Concrètement c’est bien difficile ; le sacerdoce est donc pratiquement limité aux célibataires et aux veufs. Cependant, il faut attendre le Code de droit canonique de 1917, pour qu’il soit dit que le mariage constitue un empêchement aux ordres et donc que soit imposée explicitement la loi du célibat ecclésiastique.
D’après M. DORTBL-CLAUDOT. État de vie et rôle du prêtre, Centurion, Paris, 1971, p. 43-9O.
Tags : mariage, pretre, religion
C’est un article écrit par un M.Baddoura dans l’Orient Le Jour d’hier
qui explique comment les nouvelles sont émises en faveur d’Israël…
Le Proche-Orient expliqué aux nuls
Voici, en exclusivité, ces règles que tout le monde doit avoir à l’esprit lorsqu’il regarde le JT (journal télévisé) le soir, en France, ou quand il lit son journal le matin. Tout deviendra simple.
- Règle numéro 1: Au Proche-Orient, ce sont toujours les Arabes qui attaquent les premiers et c’est toujours Israël qui se défend. Cela s’appelle des représailles.
- Règle numéro 2: Les Arabes, Palestiniens ou Libanais n’ont pas le droit de tuer des civils de l’autre camp. Cela s’appelle du terrorisme.
- Règle numéro 3: Israël a le droit de tuer les civils arabes. Cela s’appelle de la légitime défense.
- Règle numéro 4: Quand Israël tue trop de civils, les puissances occidentales l’appellent à la retenue. Cela s’appelle la réaction de la communauté internationale.
- Règle numéro 5: Les Palestiniens et les Libanais n’ont pas le droit de capturer des militaires Israéliens, même si leur nombre est très limité et ne dépasse pas trois soldats.
- Règle numéro 6: Les Israéliens ont le droit denlever autant de Palestiniens qu’ils le souhaitent (environ 10000 prisonniers à ce jour, dont près de 300 enfants). Il n’y a aucune limite et ils n’ont besoin d’apporter aucune preuve de la culpabilité des personnes enlevées. Il suffit juste de prononcer le mot magique: «Terroriste».
- Règle numéro 7: Quand vous dites «Hezbollah», il faut toujours rajouter l’expression «soutenu par la Syrie et lIran».
- Règle numéro 8: Quand vous dites « Israël », il ne faut surtout pas rajouter après: «soutenu par les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Europe», car on pourrait croire qu’il s’agit d’un conflit déséquilibré.
- Règle numéro 9: Ne jamais parler de «territoires occupés», ni de résolutions de l’ONU, ni de violations du droit international, ni des conventions de Genève. Cela risque de perturber le téléspectateur et l’auditeur de France Info.
- Règle numéro 10: Les Israéliens parlent mieux le français que les Arabes. C’est ce qui explique qu’on leur donne, ainsi qu’à leurs partisans, aussi souvent que possible la parole. Ainsi, ils peuvent nous expliquer les règles précédentes (de 1 à 9). Cela s’appelle de la neutralité journalistique.
- Règle numéro 11: Si vous n’êtes pas daccord avec ces règles ou si vous trouvez qu’elles favorisent une partie dans le conflit contre une autre, c’est que vous êtes un dangereux antisémite.
Tags : guerre, israel, palestine
Un site très intéressant qui rassemble un bon nombre de textes poignants :

En voici 2 :
Texte 1 (19/7/2006)
Les interventions massives et meurtrières de l’armée israélienne contre les peuples palestinien et libanais s’appuient sur un même prétexte : l’arrestation d’un ou deux soldats israéliens et la demande de libération de prisonniers politiques en échange de celle de ces soldats. Pour Israël, État raciste et ethnique, s’en prendre à quelques soldats qui servent sa politique justifie d’écraser un peuple entier, libanais ou palestinien, de détruire ses infrastructures, ses maisons, sa population civile.
L’offensive israélienne a déjà fait près de 200 morts palestiniennes et libanaises. L’UJFP réaffirme son opposition à toute action armée visant des civils, qu’ils soient Palestiniens, Libanais ou Israéliens. Si le Hezbollah a bombardé des objectifs civils israéliens, avec les conséquences qu’on connaît (8 morts, 50 blessés), c’était en réponse aux bombardements massifs d’objectifs civils au Liban par l’armée israélienne. L’attaque israélienne a été déclenchée à la suite de l’enlèvement de deux soldats, ce qui était un acte de guerre et non une attaque de civils. Elle a pris des proportions sans commune mesure avec les actions du Hezbollah. Peu importe à Israël que le peuple palestinien se batte pour son droit à exister et à vivre dignement, peu importe à Israël que le Hezbollah ne représente politiquement qu’une partie de la population libanaise. C’est la logique du « choc des civilisations » qui est à l’œuvre : Israël prétend défendre les valeurs du monde occidental, du monde prétendument civilisé, au sein d’un Proche et d’un Moyen-Orient de culture prétendument arriérée. Et les États occidentaux, y compris l’État français, déclarent alors qu’Israël a le droit de se défendre … Tant qu’Israël restera un agent au service des États-Unis et de leurs alliés, tant qu’il refusera de devenir un État s’intégrant dans la réalité proche-orientale, assurant les mêmes droits à tous ses habitants et nouant des relations d’égal à égal et constructives avec les peuples qui l’entourent, la guerre continuera. Dans cette situation, la reconnaissance des droits du peuple palestinien est une cause essentielle. Face à sa volonté de détruire la Palestine et d’empêcher la solidarité des autres peuples de la région, Israël ne reculera que si un rapport de force l’y contraint, à l’instar de ce qui s’est produit pour l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid. C’est pourquoi nous appelons à des sanctions internationales, à un désinvestissement économique et à un boycott des produits et services israéliens jusqu’à la fin de l’occupation. HALTE A LA FOLIE MEURTRIÈRE DE L’ÉTAT D’ISRAËL ! SOLIDARITÉ AVEC LES PEUPLES PALESTINIEN ET LIBANAIS !
Liens : http://www.ujfp.org/modules/news/article.php?storyid=167
Texte 2 (17/7/2006)
En visite familiale au Liban où réside la famille de mon épouse, j’assiste en direct et avec douleur aux évènements actuels. Alors que le pays compte plus de 120 morts au moment où ces lignes sont écrites, il n’est pas sûr que les Européens aient bien pris conscience de l’ampleur des destructions et des meurtres qui sont commis ici depuis plusieurs jours par l’armée israélienne. Elle fait ainsi payer à l’ensemble des habitants le rapt de deux soldats israéliens que le Hezbollah comptait échanger contre une partie des prisonniers arabes croupissant par milliers dans les prisons de la « seule démocratie du Proche-Orient » et dont aucun président, aucun premier ministre, aucun député, en Europe ou aux Etats-Unis, ne s’est encore préoccupé. Aucun d’eux ne s’est précipité, tout au long de ces années, pour demander leur « libération immédiate ». Aucun d’eux ne s’est soucié ce faisant, de désamorcer l’un des fondements de cette crise et de rétablir un peu la balance. Faire payer aux Libanais ce rapt et le soutien d’une large partie de la population à la « résistance », faire payer aux leaders politiques le fait de n’avoir pas pris le risque, depuis le départ des Syriens, d’une nouvelle guerre civile pour désarmer le Hezbollah, leur faire payer l’hésitation qu’ils ont manifesté à accepter de jouer, ce faisant, ce rôle auquel on a tenté de réduire l’Autorité Palestinienne, celui d’une police intérieure au service des intérêts israéliens ou occidentaux dans la région, ce sont sans doute là les raisons de cette agression sanglante de l’armée israélienne. Même si elle prend fin rapidement, il faudra des années pour effacer les traces des destructions dont cette armée s’est rendue coupable ces derniers jours. Bien que ces propos ne pèsent pas lourd face à la désinformation qui domine en Europe dès qu’il est question du conflit entre Israël et ses voisins, il faut redire que l’armée israélienne est seule responsable de cette furie destructrice que rien ne justifiait. S’il a enlevé deux soldats, le Hezbollah n’a pas porté atteinte à leur vie et il n’a attaqué les zones civiles israéliennes qu’en réponse aux bombardements aussi massifs qu’incompréhensibles de populations civiles au Liban Sud, dans les banlieues Sud de Beyrouth, à Baalbek et presque partout ailleurs. « Inadmissible » ou pas, cet enlèvement autorisait-il la destruction d’un pays entier ? Oui sans doute, quand on considère que les Arabes “ne comprennent que ça” (chercher la filiation…). Par ailleurs et quoiqu’on vous en dise ici, je vous assure qu’il n’y aucune commune mesure entre les roquettes tirées par le Hezbollah et les puissantes bombes incendiaires des Israéliens qui s’abattent nuit et jour sur les villes, les immeubles (des bombes incendiaires pour plus de « dégâts »), les ponts, les usines. Au demeurant, on n’a toujours pas entendu dire que l’armée de la Honte avait réussi à neutraliser des combattants du Hezbollah. Les civils, apparemment, suffisent. De préférence musulmans et surtout chiites, mais personne ici n’est à l’abri. Pas même le Premier Ministre. Comme en Palestine au même moment, les meurtres de civils, hommes, femmes, enfants, les meurtres délibérés de familles entières se multiplient. Ils ont débuté bien avant que les premiers morts ne se comptent en Israël. Parmi les dizaines de morts et les centaines de blessés dont de très nombreux enfants, au moins 3 familles de 7 à 9 personnes ont ainsi été décimées dans le sud du Liban dès les premières heures de l’opération en cours et de nouvelles informations de ce type se succèdent régulièrement sur les TV allumées en permanence. Dans certaines régions du Sud, les bilans ne sont pas encore connus avec précision, les informations circulant de plus en plus difficilement entre cette région et le reste du pays. Nous savons seulement que l’armée israélienne y a utilisé des bombes au phosphore, que les bombardements sont continus, que les cibles sont indifférenciées et que tout le monde est terrorisé. Dans tout le pays, les destructions des infrastructures civiles sont systématiques. Les routes et autoroutes, les ponts, les aéroports, les ports mais aussi des réserves de carburants, des stations services, des centrales électriques, des barrages électriques, toutes ces infrastructures sont systématiquement pulvérisées ou mises hors d’usage. Depuis deux jours, ce sont aussi les casernes de pompiers (à Tyr où des habitants s’étaient réfugiés), les casernes militaires (à Tripoli), les usines même alimentaires (l’usine Liban Lait près de Baalbek a été détruite cette nuit) qui sont prises pour cible. La présence sur les routes d’une foule de familles, de touristes et de travailleurs étrangers tentant de fuir le sud vers le nord, ou le Liban lui-même vers la Syrie n’empêche pas ces routes d’être bombardées et de nombreuses personnes y ont laissé leur vie. Après que des tracts largués par l’aviation israélienne aient poussé les habitants d’un village à le fuir en vue d’une prochaine attaque, des habitants se sont dirigés vers les locaux des Nations Unies pour obtenir protection. Après le refus des « soldats de la paix », ces personnes sont parties sur les routes, vers le Nord où le bombardement de leur véhicule a tué 22 personnes et, à nouveau, décimé toute une famille. En quelques jours, des années de reconstruction physique, politique et psychologique ont volé en éclat. Alors que le pays, d’années en années tentait difficilement de se relever de sa guerre civile, c’est à nouveau l’image du chaos qui envahi l’écran. Le sentiment terrible que toute cette folie destructrice n’aura jamais de fin. Que tout sera encore et toujours à recommencer, à reconstruire pour être à nouveau réduit en pièce par un Etat sans honneur ni dignité, seulement préoccupé de maintenir les sociétés voisines dans un sous développement qui le rassure sur l’illusion de sa propre supériorité et de sa sécurité. Après la destruction de la Cisjordanie il y a quelques années, de Gaza aujourd’hui, la puissante armée israélienne sème à nouveau la mort et la destruction au pays du Cèdre, toujours sous le regard des dirigeants européens qui ne semblent craindre qu’une chose : qu’Alain Finkelkraut ne les désigne comme « antisémites » parce que « trop critique envers Israël ». Alors que les autres pays du Moyen-orient semblent sagement attendre que leur tour arrive, les dirigeants français quant à eux abandonnent les Libanais. S’ils furent prompts à imposer la fin du protectorat syrien au Liban, ils les laissent aujourd’hui mourir sous les bombes israéliennes. Que vont devenir les nôtres ? C’est la question angoissante que tous ceux qui ont de la famille ou des amis au Liban se posent maintenant, en priant Dieu d’épargner leur vie et en pleurant tout ce gâchis, toute cette dévastation aussi inutile que cruelle. Les dirigeants israéliens promettent que leur guerre criminelle sera longue. Le Hezbollah promet des ripostes à la hauteur des crimes commis par les militaires israéliens. Les hôpitaux sont pleins, les médicaments manquent, l’Etat, l’armée, les services publics semblent paralysés et commencent déjà à être directement pris pour cibles. Le prix des produits alimentaires a commencé à augmenter. Certaines denrées essentielles vont bientôt se faire rares. Les ports et les routes étant coupés ou détruits et le blocus toujours actif, l’approvisionnement des villes va très rapidement devenir difficile. L’essence ne va pas tarder à manquer et avec l’essence, l’électricité puis l’eau potable, ce qui est déjà le cas dans certaines villes. Après le départ des travailleurs saisonniers, les agriculteurs ne trouvent plus d’ouvriers pour cueillir les fruits. Tous les projets de constructions sont arrêtés, les magasins, les restaurants, les rues sont vides. Beaucoup de personnes ont cessé de travailler. Le chômage r
isque maintenant d’augmenter très rapidement. La faillite menace les nombreuses personnes qui ont investis ces dernières années dans divers projets commerciaux. La pauvreté grandissant et l’Etat s’affaiblissant, on ne peut que craindre que les processus de replis communautaires et le clientélisme sur lequel ils s’appuient vont s’accentuer. Ce sont l’ensemble des équilibres sociaux, politiques et économiques, déjà instables, qui sont menacés. C’est le chaos qui, plus que jamais, menace aujourd’hui le Liban. Détruire pour détruire, isoler, diviser, désespérer, semer puis entretenir la haine, appauvrir voir affamer : tandis que les dirigeants américains et britanniques ont fait de l’Irak un nouveau Liban, les dirigeants israéliens font aujourd’hui du Liban une nouvelle Palestine, avec la complicité passive sinon active des dirigeants français et européens. Il est 22h00, ce 16 juillet. Les murs tremblement. Aux grondements sourds des avions répondent les explosions. Elles ont lieu a quelques kilomètres (Chtura, Baalbek, Saad Nayel, Rayak…), mais le souffle menace de faire exploser les vitres de la maison. Le père de ma femme s’amuse de nos airs effrayés et ne semble pas s’inquiéter. Depuis 30 ans, il en a vu d’autres. On se réfugie dans les coins, loin des vitres, avec notre pour mettre notre fils de 9 mois. Hady porte bien son nom. Il semble calme et serein. Avec un air mi-amusé mi-étonne, il regarde les voisins d’en haut, très agites, venus se réfugier ici. Avec sa maman, nous lui chantons des chansons et je le fais rire pour ne pas qu’il s’inquiète. La nuit sera longue, avec deux ou trois alertes de ce type. Sa jeune tante de 12 ans, en age de comprendre, a peur mais tente de se contenir ses larmes. Que Dieu les protégent. Dans quelques jours sans doute, les services français organiseront notre sortie. Nous mettrons notre fils a l’abri. Devrons-nous laisser sa jeune tante seule se réfugier dans les coins de la maison avec ses parents ? “Seulement les Européens” m’a rétorquée la personne a l’ambassade. Quel monde pourri.
Willy Beauvallet Zahlé, Liban
– 17 juillet 2006
Liens :http://www.ujfp.org/modules/news/article.php?storyid=166
Tags : guerre, israel, palestine