9 points clés qui démentent la fraude en Iran

« Qui chérit son erreur ne la veut connaître. » (Pierre Corneille, Polyeucte)

Il y a quelques jours, lors de son discours du Caire adressé aux musulmans, le président Obama a officiellement reconnu qu’en 1953 « en pleine Guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien qui était démocratiquement élu ». En mars 2000, la secrétaire d’État Madeleine Albright avait d’ailleurs admis que l’administration Eisenhower avait participé à mettre en place le régime du Chah qui fut un des plus grand régimes de terreur de l’époque.

A l’époque, ce régime était soutenu par les puissances occidentales

iran3

Aujourd’hui l’élection de M.Ahmadinejad est hautement contestée par l’ensemble des grands médias de l’ouest et les menaces des gouvernements européens et américains sont de plus en plus précises. (8)

Cela est il Justifié par les faits? Tout porte à croire que non.

1/ Plusieurs jours avant les élections, des sondages US donnaient Ahmadinejad vainqueur avec 20 points d’avance (5)


Alors que les médias occidentaux signalaient depuis Téhéran, dans les jours qui ont précédé l’élection, une vague d’enthousiasme en faveur de Mir Hossein Mousavi, principal opposant d’Ahmadinejad, des sondages américains donnaient Ahmadinejad vainqueur avec 20 points d’avance. Un sondage chapoté par les deux journalistes US Ken Ballen et Patrick Doherty et qui a fait l’objet d’un article dans le Washington Post envisageait même une victoire encore plus large par 2 contre 1 pour Ahmadinejad.

A ce moment là, bizarrement, les médias occidentaux n’envisageaient pas la fraude. Ils décrivaient une « soi disant » chute de popularité chez les électeurs pauvres surtout à cause de l’inflation et de l’augmentation du chômage… Ce que dément le sondage US cité plus haut qui affirme que le soutien à Ahmadinejad était perceptible dans l’enquête préélectorale.(2) (3)

2/ A ce jour aucune preuve de fraude n’a été présentée ni sous forme écrite ni même sous forme d’observations et ce ni avant, ni pendant, ni après l’élection (6)

Durant toute la campagne aucune accusation sérieuse et crédible n’a été émise. Le processus a été présenté par les médias comme étant libre avec un bon niveau de débat. Le ton a radicalement changé immédiatement après le dépouillement sans aucun élément concret.

Par exemple la chaîne EURONEWS s’est contentée au sortir des résultats de les déclarer « étonnamment proches » des sondages iraniens. Le sous entendu est assez surprenant au vu de sondages US donnant vainqueur Ahmadinejad avec des scores plus élevées encore. Personne ne s’est par contre étonné de scores étonnamment proches des sondages dans l’élection de Mr. Obama, Sarkozy ou encore Mme Merkel.

3/ Ahmadinejad était donné gagnant par les sondages US à 2 contre 1 parmi la population Azérie dont est issu son adversaire Mousavi (3)

La base des accusations occidentales repose sur le résultat faible obtenu par Mousavi dans les rangs de la population Azérie dont il est pourtant issu. Selon les occidentaux, il y aurait du avoir un réflexe communautaire. Ceci ne constitue pas une preuve.

Car Mousavi a effectivement gagné dans la partie occidentale de la région de l’Azerbaïdjan iranien, en se servant de ses attaches ethniques pour conquérir les votes des citadins ; il a par contre été largement distancé dans les zones rurales bien plus nombreuses. En effet celles-ci semblent avoir profité de la politique de redistribution sociale du gouvernement notamment dans le domaine du désendettement des paysans et de leur accès au prêt bancaire. De plus Ahmadinejad est particulièrement populaire dans les milieux ruraux… L’inflation et l’augmentation du chômage ne semblent pas avoir entamé la popularité d’Ahmadinejad contrairement à ce qui a été souvent dit. De fait, Ahmadinejad était donné gagnant dans ces zones par les sondages US à 2 contre 1 quelques jours avant les élections.

4/ Les données politiques, historiques, géographiques, sociales et économiques semblent avoir été volontairement oblitérées par les grands médias occidentaux

De manière générale Ahmadinejad est largement soutenue par la population rurale et ouvrière qui est largement majoritaire dans le pays. Le grand écart obtenu pendant l’élection est donc avant tout du à la structure de la population.
Par exemple, dans la province très fortement peuplée de Téhéran, Mousavi a battu Ahmadinejad dans les centres urbains de Téhéran et de Shemiranat grâce aux voix des circonscriptions où habitent les classes moyennes et supérieures, alors qu’il a été largement battu dans les banlieues ouvrières voisines, ainsi que dans les petites villes et dans les districts ruraux. (6)

5/ Trois jours avant les élections, M. Mousavi et ses amis considéraient la victoire massive de M. Ahmadinejad comme certaine (4)

Ils s’efforçaient de l’expliquer par des déséquilibres dans la campagne électorale. Ainsi l’ex-président Akbar Hashemi Rafsanjani détaillait ses griefs dans une lettre ouverte. A ce moment M. Mousavi n’a étrangement pas abordé l’éventualité d’une fraude électorale. Il ne l’a fait que tardivement le soir du scrutin.

6/ Les chiffres obtenus pendant l’élection sont assez proches de ceux prévus par les sondages US, ce qui semble écarter la thèse de la fraude à grande échelle

7/ L’adhésion des jeunes à Mousavi (autre argument de la presse occidentale) est démentie par les sondages US préélectoraux

Le soi disant soutien des jeunes « branchés » (à internet) à Mousavi est largement contredit par le sondage mené par Ballen et Doherty qui estimait avant le vote que « les intentions de vote en faveur d’Ahmadinejad parmi les 18-24 ans étaient plus fortes que dans toute autre tranche d’âge de la population« .De plus seul un iranien sur trois a internet. (1) (3)

8/ Les manifestations : un miroir déformant

M.Ahmadinejad a recueilli 24.527.516 voix contre 13.216.411 voix pour M. Mousavi. Le résultat des élections semblent être le résultat d’une fracture entre les couches de la société selon leur niveau de vie et entre les villes et les campagnes comme cela existe dans de nombreux pays.

L’électorat de M. Mousavi étant plutôt urbain et important surtout à Téhéran, sa mobilisation semble bien évidemment plus aisée et bien plus « visible ». Et le fait que les médias occidentaux aient un tel parti pris encourage l’opposition à organiser des manifestations d’ampleur et à contester ce qui semble être un résultat logique de part la nature même de l’électorat iranien.

De nombreuses manifestations de soutien en faveur du président Ahmadinejad ont également eu lieu sans avoir été aussi massivement relayées par la presse occidentale.

9/ Les origines de la thèse de la Fraude semblent suspectes

Les rumeurs de fraude auraient commencé la nuit du scrutin à la suite de nombreux SMS recus sur les portables ainsi que d’informations anonymes reçus sur facebook ou sur twitter. Il semble également que ce soit ces SMS qui aient informé des cas de mort dus à la répression. L’origine de ces informations étant inconnue, elles n’ont à ce jour toujours pas été prouvées et l’on ignore si elles sont vraies ou fausses.

Voici ce que l’on peut d’ailleurs lire dans la dépêche de ce dimanche 21 juin dans l’article « Ahmadinejad ou Mousavi, pour Obama les USA traiteront avec un régime hostile » :

L’administration américaine a beau dire ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures iraniennes, elle a demandé au site de socialisation Twitter de reporter une opération de maintenance afin de permettre aux opposants iraniens de continuer à l’utiliser, a révélé un responsable du département d’Etat.

Voici également une analyse extraite de l’article « La CIA et le laboratoire Iranien » :

Simultanément, dans un effort nouveau la CIA mobilise les militants anti-iraniens aux USA et au Royaume-Uni pour ajouter au désordre. Un Guide pratique de la révolution en Iran leur a été distribué, il comprend plusieurs conseils pratiques, dont :

  • Régler les comptes Twitter sur le fuseau horaire de Téhéran
  • Centraliser les messages sur les comptes Twitter @stopAhmadi, #iranelection et #gr88
  • Ne pas attaquer les sites internet officiels de l’État iranien. « Laissez faire l’armée » US pour cela (sic)

Mis en application, ces conseils empêchent toute authentification des messages Twitter. On ne peut plus savoir s’ils sont envoyés par des témoins des manifestations à Téhéran ou par des agents de la CIA à Langley, et l’on ne peut plus distinguer le vrai du faux.

Il s’agit de méthodes connues ayant fait l’objet d’articles dans le New York Times qu’ils définissent comme étant des moyens de semer la défiance dans la population. Méthodes déjà utilisées au Liban par les forces israéliennes ainsi que plus récemment dans la bande de Gaza :

Les services de renseignement et l’armée ne détruisent plus les réseaux de communication, ils s’en servent pour identifier les réseaux sociaux et inonder le pays de messages diverses pour décourager et diviser la population. Par exemple en juillet 2008, après l’échange de prisonniers et dépouilles entre Israël et le Hezbollah, des robots ont lancé des dizaines de milliers d’appel vers des portables libanais. Une voix en arabe mettait en garde contre toute participation à la Résistance et dénigrait le Hezbollah. Le ministre libanais des télécom, Jibran Bassil, avait déposé une plainte à l’ONU contre cette flagrante violation de la souveraineté du pays.

Ceci expliquerait pourquoi le gouvernement iranien aurait coupé l’accès à Internet, il tenterait de stopper les tentatives d’ingérences extérieures.

Il semble bien pourtant que le peuple iranien ai choisi M.Ahmadinejad et ce au grand dam des médias américains et des européens.

Pour conclure

Le non-alignement de Mahmoud Ahmadinejad sur les USA, ses critiques ouvertes sur la politique d’Israël semblent avoir déchainé contre lui les foudres de Washington et toute leur capacités de pression médiatique, économique, politique voir militaire.

Le pétrole iranien joue sans doute également un rôle non négligeable. Car la diabolisation de l’Iran ressemble beaucoup à celle infligée au Vénézuela qui est également un grand producteur de pétrole. L’Irak avait été également présenté comme le grand ennemi international sous de fallacieux prétextes (armes de destruction massive) en 2003.

Il est d’ailleurs assez étonnant de voir les USA mettre en avant la défense de la démocratie quand on sait le nombre de dictatures qu’ils avaient mis en place en Amérique du Sud (Pinochet était un grand ami…). Par contre Hugo Chavez et Evo Morales démocratiquement élus sont présentés comme des quasi tyrans…

Pour approfondir :

Sources :

  1. http://www.legrandsoir.info/Elections-en-Iran-Et-si-Ahmadinejad-avait-gagne.html
  2. http://www.legrandsoir.info/Le-peuple-iranien-s-exprime-Washington-Post.html
  3. http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/06/14/AR2009061401757.html
  4. http://www.voltairenet.org/article160639.html
  5. http://www.politico.com/news/stories/0609/23745.html
  6. http://www.voltairenet.org/article160669.html
  7. http://www.ladepeche.fr/article/2009/06/17/625366-Ahmadinejad-ou-Moussavi-pour-Obama-les-USA-traiteront-avec-un-regime-hostile.html
  8. http://www.ladepeche.fr/article/2009/06/19/626750-Iran-Inquietude-chez-les-Occidentaux-apres-le-preche-d-Ali-Khamenei.html

EDIT du 30 juin :

IRAN : PAS DE FRAUDE

La contestation actuelle en Iran, concentrée dans les quartiers nord de Téhéran, semble bien être très largement exagérée par les médias occidentaux. On parle de 2 millions d’iraniens dans les rues alors que le chiffre est probablement 10 fois inférieur. (Voir également un bel exemple de malhonnêteté médiatique ici)

Malgré tout, le guide suprême de la révolution islamique, Ali Khamenei, a annoncé le 15 juin qu’il ordonnait une enquête sur les allégations de fraude. La commission électorale a promis de recompter certains votes et a invité Mousavi et les autres candidats à discuter.
Le ministère de l’intérieur a décelé ici et là quelques irrégularités sur une cinquantaine de points de vote, mais rien qui remette en cause globalement les résultats des élections.

Ceci recoupe les travaux de Waler Mebane, un universitaire du Michigan, qui avec des moyens d’analyse différents relève que les résultats sont bel et bien conformes aux tendances qui existaient avant les élections.

A titre de comparaison, lors de l’élection américaine extrêmement suspecte de Bush en 2000, la cour de Justice avait débouté M. Gore et son camp pour leur demande d’enquête.

Voici ce qu’on peut lire sur le site rue 89 citant un article du guardians (citant lui-même un article du Ayandeh) :

Taft, une ville dans la province centrale de Yazd, a eu un taux de 141%, affirme le site citant un expert politique anonyme. Kouhrang, dans la province de Chahar Mahaal Bakhtiari, a enregistré un taux de 132% tandis que Chadegan, dans la province d’Ispahan, a enregistré une participation de 120%.
Dans au moins 200 bureaux de vote à travers l’Iran, on a enregistré des taux de participation de 95% ou plus.

Ils ajoutent cependant que « ces déclarations sont impossibles à vérifier« .

Il convient de préciser plusieurs choses suite à cet article :

  • La source est « anonyme et impossible à vérifier »
  • La ville de Taft où aurait eu lieu la plus grande fraude est précisément un des secteurs où M. Mousavi a remporté les élections avec 148,090 voix contre 133,792 pour Ahmadinejad

Voir les résultats province par province ici.

Il n’y a donc à ce jour toujours aucune preuve de fraude à grande échelle.

Cette « révolution verte » a toutes les caractéristiques d’une révolution crée de toutes pièces, avec ses tee-shirts et ses banderoles et pancartes écrites en anglais (la majorité des iraniens ne parle pas anglais, même à Téhéran) étrangement commodes pour les médias étrangers. (source)

Voici ce qu’a écrit Seymour Hersh dans un article du New Yorker du 29 juin 2008 :

Selon des sources militaires, du renseignement et du Congrès, actuellement en exercice ou non, à la fin de l’année dernière, le Congrès a accédé à une demande du président Bush pour financer une escalade majeure des opérations secrètes contre l’Iran. Ces opérations, pour lesquelles le président avait demandé plus de 400 millions de dollars, étaient décrites dans un relevé de conclusions présidentielles signé par Bush et sont conçues pour déstabiliser le leadership religieux de ce pays.

Voici également ce qu’on peut lire dans l’article du 20 juin 2009 écrit par Paul Craig Roberts intitulé « Les manifestations iraniennes sont-elles une autre « révolution colorée » orchestrée par les USA? » :

Par exemple, le néoconservateur Kenneth Timmerman écrivait la veille du scrutin que « on parle d’une ‘révolution verte’ à Téhéran. »
Comment Timmerman peut-il le savoir s’il n’y a pas un plan orchestré ? Pourquoi une ‘révolution verte’ aurait-elle été préparée avant le scrutin, en particulier si Mousavi et ses partisans étaient si confiants dans la victoire comme ils le prétendent ? Cela ressemble à une preuve définitive que les Etats Unis sont impliqués dans les manifestations concernant l’élection.

A lire également :

Posté le 21 Juin 2009 par | 5 Commentaires » Tags : , , |

5 commentaires pour “9 points clés qui démentent la fraude en Iran”

  1. Nico Says:

    Sujet ultra sensible que celui de l’Iran.
    Il permet une fois de plus de mesurer le degré d’objectivité des médias occidentaux (je les mets tous dans le même panier de ce point de vue là). Sur d’autres continents, l’Empire envoie des observateurs pour juger de la régularité d’un scrutin. En Iran, y en avait t-il? Et si oui, ont-ils émis un avis? Tout ceci relève d’un niveau de diplomatie tellement élevé qu’ici on reste fixer sur l’épisode « Hariri ». Heureusement que les USA ont mis à leur tête un homme neuf pour maitriser le grand écart qu’il est nécessaire de réaliser entre 2 blocs religieux intégristes et prosélytistes. Merci pour cet article Alex qui conforte le fait que la CIA n’a pas trempé dans ce « bordel ». Serait-ce le Mossad alors?

  2. Florent Says:

    Il est certain que derrière ce mouvement qui remet en cause l’élection Ahmadinejad il y a les médias occidentaux et surtout les administrations politiques occidentales. Comme tu le dis ce n’est pas la première fois que les puissances occidentales interviennent dans des élections pour faire élire quelqu’un qui aille dans leur sens, or Ahmadinejad n’est pas du tout ce genre de personne qui prône un alignement sur les États-Unis.
    Cependant même si la foule et l’opinion publique sont facilement influençable vous trouver pas ça bizarre l’engouement que ça prend dans les rues de Téhéran et de tout l’Iran ?Que il y ai temps de monde dans les rues, et une répression si forte ? Qu’on entende presque pas les voix de ceux qui on voté pour Ahmadinejad, après c’est sur que les medias nous transmettes ce qu’ils veulent mais bon…

  3. Alex Says:

    En 1953, les médias avaient fait croire à une révolution populaire en Iran grâce à des images tournées par les renseignements US avec 8000 figurants (!). L’ampleur apparente des évènements actuels semble avant tout du à l’immense couverture médiatique et le caractère biaisé voir mensonger d’un certains nombres d’informations et d’images… http://www.egaliteetreconciliation.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=4164&Itemid=112)

    L’ampleur des évènements en Iran n’est d’ailleurs pas sans rappeler les mouvements de contestation en Bulgarie en 1990, qui avait mis le chaos dans tout le pays pendant 6 mois, là aussi après de soi-disant élections volées. Evènements qui n’avaient pris fin qu’avec « l’élection » du candidat pro-US Zhelyu Zhelev.

    Ce n’est donc pas la première fois que des troubles intérieures sont exacerbés pour déstabiliser un pays.

    Plusieurs associations telles que la la National Endowment for Democracy (NED) et l’United States Institute for Peace (USIP) ne sont rien d’autres que des paravents des services de renseignement, la CIA principalement. Sous prétexte de promouvoir la démocratie dans le monde, elles participent à mettre sur pied depuis les années 80 des coups d’états et des changements de régime en manipulant toutes les oppositions à l’intérieur des pays (corruption de syndicats, financement d’opposants politiques, organisation de rassemblements de contestation etc…).
    La révolution « orange » en Ukraine en est une autre illustration typique.

    Un excellent article qui vient de paraître analyse en profondeur la situation.
    http://www.voltairenet.org/article160721.html.

    Cordialement.

  4. Julien Says:

    Interessant, j’avais jamais lis ces informations avant.

  5. JulG7 Says:

    Confirmation : Hillary Clinton admet que les USA ont manipulé la « révolution verte » en Iran :

    http://www.voltairenet.org/article161572.html

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