Le mariage des prêtres
17 septembre 2006J’ai juste recopié cette photocopie trouvée sur la toile… (cliquez pour agrandir)
Comme quoi l’interdiction du mariage des hommes d’églises est assez récente (1917), alors qu’aucun texte de la bible n’interdit le mariage (1Tm,4 ; 1Tm3,2 ; Mt 23,4).
La raison de cette interdiction est bien évidemment financière, l’église, devant subvenir aux besoins de ses ministres, à bien compris qu’il valait mieux avoir un minimum de représentants…
Des prêtres mariés pendant plus d’un millénaire
L’Eglise indivise ordonnait dans les premiers siècles des hommes mariés à la prêtrise et même à l’épiscopat. Première inflexion à cet usage: le concile d’Elvire, vers, l’an 300, a demandé l’abstinence rituelle (la veille de l’eucharistie) au clergé marié, mais non la séparation des époux. C’est en 1139 que le concile Latran 11 a introduit une mesure disciplinaire interdisant le mariage des clercs. Dans les Eglises orientales de rite catholique, on compte, selon les estimations de La Vie, près de 5000 prêtres mariés, dont 750 sur 1000 dans l’Eglise ukrainienne, 250 sur 600 dans l’Eglise maronite, 100 sur 300 dans l’Eglise melkite et seulement 4 sur 120 dans l’Eglise arménienne.
Le Nouveau Testament
Paul a choisi de ne pas être marié pour être plus disponible au service de l’Évangile (1 Co 7, 7 et 9, 5), mais il n’en fait pas une règle générale. La seule prescription scripturaire concernant le mariage d’un ministre de l’Église se trouve dans 1 Tm 3, 3 et Tt 1, 6 : « II faut que l’épiscope soit le mari d’une seule femme. » La tradition patristique interprète ce passage comme l’interdiction de conférer l’ordination à un homme qui a été marié deux fois, et l’interdiction à un prêtre veuf de se remarier. Quelques-uns pensaient également qu’il était fait obligation à l’épiscope de se marier.
Les trois premiers siècles
Aucune loi, ni en Occident ni en Orient, n’interdit l’ordination d’hommes mariés, ni ne demande aux prêtres mariés de s’abstenir de relations conjugales. De même, il ne semble pas qu’il y ait d’objection à ce qu’un prêtre, célibataire au moment de son ordination, se marie ensuite.
Cependant, la valorisation de l’ascétisme et de la virginité fait penser qu’il est plus parfait pour un prêtre de rester célibataire ou de s’abstenir des relations conjugales s’il est marié.
Le IV siècle
En Orient comme en Occident, le mariage est interdit après une ordination. Celui qui est marié le reste près l’ordination. Le célibataire le reste également. Chacun doit être fidèle au premier lien contracté, mariage ou ordination.
Au début du siècle, la majorité des clercs usent de leurs droits conjugaux. A la fin du siècle, les clercs qui s’abstiennent des relations conjugales sont les plus nombreux. On rencontra une double explication : une plus grande disponibilité à Dieu et l’incompatibilité de l’exercice de la sexualité qui est du domaine de l’impur, avec la célébration quotidienne de l’Eucharistie.
En Occident (Espagne et Rome), des conciles demandent aux évêques, prêtres et diacres l’abstinence conjugale.
Au Ve siècle
En Orient, évêques, prêtres et diacres peuvent toujours user du mariage. En Occident, l’évêque de Rome a demandé à toutes les Églises d’imposer l’abstinence conjugale aux évêques, prêtres et diacres, mais ils peuvent continuer à cohabiter avec leur épouse.
Au VIe siècle
En Orient, l’Église fixe définitivement sa discipline concernant les clercs et le mariage (692). C’est encore celle d’aujourd’hui :
L’homme marié, choisi comme évêque, doit se séparer de sa femme. Celle-ci doit quitter le domicile conjugal et aller vivre dans un monastère éloigné. L’évêque doit subvenir au besoin de son épouse. Mais de plus en plus, on choisit les évêques parmi les moines.
Mariés au moment, de son ordination, le prêtre et le diacre ne changent rien à leur vie conjugale. La pratique contraire est même condamnée. En Occident, l’abstinence conjugale des clercs est renforcée : un concile veut introduire un surveillant dans la chambre des clercs. Des sanctions sont prises contre ceux qui ont eu un enfant après l’ordination.
De Charlemagne au XIème siècle
On continue d’ordonner des hommes mariés qui gardent l’abstinence conjugale dans une cohabitation possible. Toutefois, de jeunes clercs célibataires formés dans des écoles sont ordonnés sans avoir été mariés. Malgré l’interdiction, il en est qui se marient après l’ordination. : C’est la situation que trouve Grégoire VII en 1073.
La réforme grégorienne
Grégoire VII en 1074 ne distingue plus entre prêtres mariés ayant l’ordination et prêtres mariés après. Toute cohabitation est proscrite sous peine d’être interdit de ministère. Des résistances se font jour contre la décision pontificale : « Cette loi est insupportable et déraisonnable » ; « Sans le concours de mains féminines, nous péririons de froid et de nudité… ». Certains considèrent cette loi comme une nouveauté par rapport à la tradition. Cependant bien qu’illicite, le mariage des prêtres est considéré comme valide.
Le deuxième concile du Latran (1139) décide que le mariage des prêtres est invalide. En 1170, le pape Alexandre III demande que la femme de l’homme marié ordonné prêtre ait donné au préalable son consentement et fasse elle-même vÅ“u de chasteté.
En droit, il est donc toujours possible d’ordonner un homme marié qui se sépare de sa femme. Concrètement c’est bien difficile ; le sacerdoce est donc pratiquement limité aux célibataires et aux veufs. Cependant, il faut attendre le Code de droit canonique de 1917, pour qu’il soit dit que le mariage constitue un empêchement aux ordres et donc que soit imposée explicitement la loi du célibat ecclésiastique.
D’après M. DORTBL-CLAUDOT. État de vie et rôle du prêtre, Centurion, Paris, 1971, p. 43-9O.






Galerie Piclens


